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Abeilles sauvages

Abeilles sauvages

10 juillet 2022

Les abeilles sauvages : qui sont-elles ?

Comme leur nom l’indique, les abeilles sauvages se distinguent des abeilles domestiques par leur mode de vie puisque les premières sont solitaires alors que les secondes sont sociales avec leur colonie organisée autour d’une reine régnant sur des ouvrières au sein d’une ruche produisant du miel récolté par un apiculteur. Face à ce système de production parfaitement rôdé de l’espèce d’abeille domestique (Apis mellifera), le rôle des milliers d’espèces d’abeilles sauvages ne doit pas être sous-estimé puisqu’il est essentiel dans la pollinisation de la flore sauvage et de nos jardins.

Le rôle des abeilles sauvages

Les relations entre plantes et insectes pollinisateurs sont ténues depuis des millions d’années, et les unes ne peuvent pas se passer des autres et inversement :

– les 20.000 espèces d’abeilles, depuis leur stade larvaire, se nourrissent du nectar et du pollen des fleurs qui leurs sont donc vitales
– les 350.000 espèces de plantes à fleurs ne peuvent pas se reproduire, pour 80% d’entre elles, sans les insectes pollinisateurs.

La diversité des abeilles sauvages

Sur les 20.000 espèces d’abeilles répertoriées au niveau mondial, seules 1.000 peuvent se rencontrer en France dont la vie est brève puisqu’elle ne dépasse guère quelques semaines, au stade adulte. Ce sont des solitaires “féministes” : la preuve en est puisque, une fois l’accouplement fait, les femelles vont individuellement s’occuper du nid (majoritairement dans le sol), le construire ou le squatter pour les abeilles-coucous, le fournir en pollen et miel avant de le fermer pour que les larves aient de quoi se nourrir à l’abri des prédateurs et du froid durant l’hiver.

Parmi ce millier d’espèces d’abeilles voletant en France, il est souvent bien difficile de s’y retrouver lorsqu’on n’est pas expert en la matière, mais pour nous aider, Monique Berger, photographe passionnée de nature et d’insectes, propose un ouvrage Découvrir les abeilles sauvages*, qui ouvre les portes du monde des abeilles sauvages, avec moult informations et photographies. Elles se déclinent donc en 6 familles ayant sensiblement la même organisation de vie :

 – les Halictidés (genres Halictus, Lasioglossum, Sphecodes…) : abeilles à langue courte, terricoles faisant leur nid en sous-sol sur site ensoleillé, ayant parfois des vies sociales en partageant nid, approvisionnement, etc. Leur cycle de vie est majoritairement différent puisque le mâle meurt après l’accouplement mais la femelle hiberne avant de créer une nouvelle colonie en fin d’hiver. On compte dans cette famille des abeilles-coucous (les Sphecodes) qui parasitent les autres ;

 – les Colletidae (genres Colletes, Hylaeus) : abeilles à langue courte, terricoles pour les Colletes, plutôt adeptes des tiges creuses pour les Hylaeus ; les Collettes ramassent le pollen sur leurs pattes arrière alors que les Hylaeus, sans pilosité, le récupèrent dans leur jabot ;

 – les Andrenidae (genres Andrena, Panurgus…) : abeilles à langue courte, terricoles et printanières, munies de brosses à pollen sur leurs pattes arrières ; ce sont les plus largement répandues, avec des espèces mono-spécifiques sur les plantes butinées (photo 2 : andrène vagabonde, Andrena vaga, l’abeille des sables) ;

 – les Mégachilidés (genres Megachile, Osmia, Anthidium, Stellis, Coelioxys…) : abeilles à langue longue avec brosse à pollen sous l’abdomen sauf pour les espèces-coucous (Stellis, Coelioxys) ; une grande diversité de nidification s’observe chez cette famille ;

 – les Apidés (genres Apis, Bombus, Xylocopa, Ceratina, Anthophora, Nomada…) : abeilles à langue longue, qui comptent parmi elles, les abeilles mellifères, les bourdons, les abeilles charpentières, etc. Leurs modes de vie diffèrent selon les espèces mais, en dehors du genre Nomada qui sont des espèces-coucous, elles transportent toutes le pollen sur leurs pattes arrière ;

 – les Melittidae (genres Dasypoda, Macropis, Melitta…) : petite famille d’abeilles à langue courte ayant une morphologie proche de celles à langue longue ; elles sont terricoles et récoltent le pollen sur leurs pattes arrières. La lysimaque (Lysimaquia) constitue une plante hôte pour certaines d’entre elles

Comment favoriser la présence d'abeilles sauvages ?

La place des abeilles sauvages, trop menacées, est indispensable à la survie de notre environnement naturel. Or, multiplier les ruches n’est pas la solution car cela ne concerne qu’une seule espèce d’abeilles, Apis mellifica, qui risquent de rentrer en concurrence avec les sauvages pour s’alimenter. Ces dernières sont vulnérables face à la concurrence car leur rayon d’action est plus limité et concerne la flore locale lorsque ce n’est pas qu’une seule plante hôte !

 

Pour aider les abeilles sauvages à vivre, vous pouvez leur offrir le gîte en construisant un hôtel à insectes, en laissant des bûches entassées ou en leur offrant un espace sablonneux ensoleillé à disposition. Leur mettre à disposition le couvert en pollen et nectar sera un complément indispensable en laissant des espaces “sauvages”, en cultivant un jardin ornemental avec des plantes indigènes (balcon, toit…), en jardinant sans utilisation de pesticides et d’insecticides notamment au potager.

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